[language-switcher]

Opinion : avec seulement 300 inspecteurs supplémentaires, nous n’allons pas résoudre le problème.

Image Pano-reportage over detachering

Auteurs: Jan Knockaert en Céline Heirwegh

Le reportage Pano d’hier met en lumière la complexité et l’exploitation des travailleurs détachés venant de pays hors de l’UE. Les témoignages poignants de Serhii et des employées à Diest – des personnes que nous accompagnons d’ailleurs – ont mis le doigt sur le problème. Mais le soutien aux victimes ou les solutions durables pour lutter contre l’exploitation n’ont été que très peu abordés, voire pas du tout.

Le ministre Beenders a annoncé que des mesures ont été prises pour engager 300 nouveaux inspecteurs, mais si l’auditorat du travail ne peut pas suivre par manque de moyens, cela ne constitue pas une solution. Car si aucun suivi judiciaire n’a lieu après un contrôle, le sentiment d’impunité chez un employeur malhonnête ne fera que croître.

De notre expertise, nous identifions les points de blocage structurels suivants :

  • Bien que deux témoins aient été reconnus comme victimes de traite des êtres humains et aient ainsi bénéficié du soutien nécessaire, la plupart des victimes d’exploitation ne remplissent pas les critères de la procédure de lutte contre la traite des êtres humains. Elles n’ont pas accès à un accompagnement juridique et ne peuvent pas faire valoir leurs droits du travail.
  • Les employeurs souhaitent engager des travailleurs directement, mais la politique flamande en matière de migration professionnelle ne le permet pas.
  • Les travailleurs étrangers ne connaissent pas leurs droits du travail en Belgique et ne chercheront donc pas à les faire valoir.
  • Les victimes d’un accident du travail ne trouvent pas le chemin vers les soins nécessaires et doivent assumer elles-mêmes les frais.
  • La réglementation relative au logement des travailleurs migrants est méconnue, très peu appliquée et à peine contrôlée.
  • Même après la constatation d’abus, les poursuites ne sont pas engagées en raison du manque de moyens au sein de la justice.

Les solutions sont évidentes :

  • Créer, en parallèle du système de lutte contre la traite des êtres humains, une alternative permettant aux travailleurs d’obtenir un séjour temporaire afin de faire valoir leurs droits du travail.
  • Rendre la migration professionnelle plus attractive que le détachement, comme prévu dans l’accord de gouvernement flamand. Actuellement, la politique va cependant dans la direction opposée.
  • Créer un guichet unique où les travailleurs venant de pays hors de l’UE peuvent s’informer sur leurs droits du travail et être accompagnés pour les faire respecter.
  • Intégrer systématiquement la nécessité de logement pour les travailleurs migrants dans la politique du logement.
  • Prévoir des moyens suffisants pour l’inspection du travail et les auditorats du travail afin de poursuivre efficacement les constats dans un délai raisonnable.

Les propositions que nous évoquons sont en grande partie déjà sur la table depuis longtemps. Lors de la précédente législature, la commission sur la traite des êtres humains avait formulé 100 recommandations, dont beaucoup restent encore lettre morte.

Entre-temps, nous sommes la seule organisation à défendre les droits des travailleurs sans droit de séjour ou ayant un droit de séjour précraire, et nous subissons de fortes pressions. Malgré notre reconnaissance, nous ne recevons aucun financement public, alors que le nombre de demandes d’aide que nous recevons concernant les droits du travail et l’exploitation a augmenté de 50 %. La conjoncture politique prive également d’autres sources de financement. En conséquence, nous devons dire au revoir à deux collègues, précisément au moment où le besoin est le plus grand.

Allons-nous enfin passer à l’action ou attendre le prochain reportage de Pano, Borealis, l’effondrement d’une école… pour réagir une nouvelle fois avec indignation ? Nous appelons les ministres compétents à se réunir et sommes convaincus que nous poursuivons le même objectif. Nous restons toujours prêts à collaborer à une solution ayant un véritable impact.

📽️ Regardez ici le reportage Pano : https://www.vrt.be/vrtmax/a-z/pano/2025-nj-/pano-s2025-nj-a5/

Commander ce document

logo Fairwork Belgium
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.